Les Nuits de Robinson ont fait du refus de choisir leur meilleure ligne artistique. Au Théâtre Robinson de Mandelieu-La Napoule, la danse peut précéder la comédie, l’opéra rejoindre le grand écran, le cirque côtoyer le jazz et la chanson changer entièrement la couleur d’une semaine. Jusqu’au 20 août 2026, cette pluralité compose l’une des saisons les plus ouvertes de l’été azuréen.
Le lieu joue évidemment un rôle. Installé en plein air, le théâtre transforme chaque représentation en soirée complète. Le public ne traverse pas seulement un hall pour rejoindre son siège : il entre dans un jardin, perçoit la lumière, la température, le bruit du vent. Les spectacles doivent accepter cet environnement au lieu de tenter de l’effacer.
Une scène capable d’accueillir plusieurs mondes
La saison a commencé avec la danse de D’pendanse, puis la comédie Les Grands Enfants, une projection de Madama Butterfly et la voix d’Enrico Macias. Cette succession donne le ton : les Nuits de Robinson ne défendent pas une esthétique unique, mais une idée généreuse de la sortie culturelle.
Le 28 juillet, Angélique Kidjo apportera une présence scénique et une œuvre construites sur la circulation entre les continents. Deux jours plus tard, Philippe Caverivière déplacera le théâtre vers l’humour d’actualité, ce territoire où l’écriture doit rester suffisamment vive pour répondre au monde presque en temps réel.
Keziah Jones, le cirque et la danse filmée
Le 4 août, Keziah Jones retrouvera le public azuréen avec son langage immédiatement reconnaissable, où le blues, le funk et le rythme deviennent une manière physique d’habiter la guitare. Le 6 août, Curiosité du Cirque du Grand Lyon rappellera que le cirque contemporain travaille autant l’image, la dramaturgie et la perception que la prouesse.
Le 10 août, trois ballets issus d’une coproduction avec l’Opéra national de Paris seront projetés dans le cadre de l’Opéra d’été. Cette soirée pose une question passionnante : que devient la danse lorsqu’elle quitte le plateau pour passer par la caméra ? Le cadrage rapproche les visages et les gestes, mais il choisit aussi à la place du spectateur. La projection ne remplace pas la scène ; elle invente une autre façon de transmettre le mouvement.
Biréli Lagrène, Élie Semoun et le retour du théâtre
Le 13 août, Biréli Lagrène présentera Elegant People. Le guitariste possède une histoire particulière avec le jazz européen : virtuose identifié très jeune, il a su faire de la tradition manouche un point de départ et non une frontière. Sa présence dans une programmation aussi décloisonnée rappelle que le jazz trouve souvent son public lorsqu’il accepte de dialoguer avec d’autres univers.
Élie Semoun arrivera le 18 août avec Cactus, avant la clôture théâtrale de Monsieur Chasse le 20 août, avec notamment Jean-Pierre Castaldi et Michel Guidoni. Feydeau retrouvera ainsi le plein air, ses portes qui claquent devenant des mouvements de plateau sous les arbres.
Le mélange comme politique culturelle
Une programmation aussi large peut être regardée comme une addition de propositions. Elle devient plus intéressante lorsqu’on l’envisage comme une politique culturelle. En réunissant danse, théâtre, musique, humour, cirque et retransmissions, Mandelieu donne plusieurs portes d’entrée au public.
La personne venue pour Angélique Kidjo peut découvrir le programme du cirque. Un amateur de théâtre peut être tenté par Biréli Lagrène. Une famille peut entrer par la projection et revenir pour une représentation vivante. Cette circulation compte autant que les chiffres de fréquentation d’une soirée.
Les Nuits de Robinson ne cherchent donc pas à définir ce que devrait être la culture estivale. Elles la mettent en mouvement. Dans une saison où les offres se multiplient, cette curiosité organisée devient une véritable identité.
Informations pratiques
Les Nuits de Robinson 2026
Jusqu’au 20 août 2026
Théâtre Robinson, Mandelieu-La Napoule.
Programme et billetterie officiels
Visuel : Affiche officielle : Ville de Mandelieu-La Napoule.