Il suffit de quelques marches pour que le décor change. La vieille ville se resserre, la mer apparaît entre les façades et le parvis de la basilique Saint-Michel-Archange devient, à la nuit tombée, l’une des scènes les plus singulières de la Côte d’Azur. Du 25 juillet au 7 août 2026, le Festival de Musique de Menton y installera sa 77e édition.
Ce rendez-vous possède une force que l’on ne peut pas réduire à la beauté d’une affiche. À Menton, le lieu agit sur la musique. La façade baroque, la pente de la ville, l’horizon méditerranéen et la proximité du public modifient la perception d’un récital ou d’un orchestre. Le festival repose précisément sur cette alliance entre l’exigence des interprètes et une scène qui n’a rien de neutre.
Une ouverture profondément azuréenne
Le premier grand concert du parvis réunira, le 25 juillet, Gautier Capuçon, l’Orchestre Philharmonique de Nice et Lionel Bringuier. Cette ouverture a une dimension particulière : elle associe une figure internationale du violoncelle, un chef né à Nice et l’orchestre qui porte une part essentielle de la vie symphonique du territoire.
Le lendemain, le Duo Jatekok ouvrira la série des concerts au Palais de l’Europe. Le 27 juillet, la scène accueillera les lauréats de la Fondation Gautier Capuçon. Ce voisinage entre artistes consacrés et jeunes musiciens est l’un des axes les plus intéressants de cette édition : le prestige ne se contente pas d’être célébré, il devient un moyen de transmission.
De Broadway au baroque
Le 28 juillet, Neïma Naouri, Pablo Campos et The Amazing Keystone Big Band déplaceront le festival vers Broadway et le grand orchestre de jazz. Le 29 juillet, Nicolas Altstaedt, l’Ensemble Jupiter et Thomas Dunford feront dialoguer le violoncelle, le luth et l’énergie du répertoire baroque.
La programmation se poursuivra entre concerts du parvis, rendez-vous au Palais et propositions gratuites dans la ville. Fanny Azzuro, Popaul Amisi, Marie-Laure Garnier, Celia Oneto Bensaid, Leonidas Kavakos, Enrico Pace, l’Ensemble I Gemelli, Emiliano Gonzalez Toro, Vassilena Serafimova et Thomas Enhco figurent notamment parmi les artistes annoncés.
Cette diversité évite au festival de devenir une vitrine figée du grand répertoire. La musique classique y reste centrale, mais elle y rencontre la voix, le jazz, la percussion, les jeunes interprètes et des formats plus ouverts.
Alexandre Kantorow pour la dernière soirée
Le 7 août, Alexandre Kantorow refermera l’édition avec un récital de piano. Sa présence en clôture est particulièrement juste. Sa génération a remis la virtuosité au centre de l’attention sans la séparer de la profondeur du récit musical. À Menton, cette manière de construire un programme devrait trouver un cadre à sa mesure.
À 77 ans, le festival possède désormais une histoire suffisamment forte pour ne plus avoir à démontrer sa légitimité. Son enjeu est ailleurs : continuer à faire vivre cet héritage, attirer de nouveaux publics et donner aux jeunes artistes une véritable place au milieu des grands noms.
C’est peut-être cela qui rend Menton si précieux dans le paysage estival. On n’y vient pas seulement pour écouter une œuvre ou un interprète. On vient éprouver ce que la musique devient lorsqu’une ville entière semble lui ouvrir une scène.
Informations pratiques
77e Festival de Musique de Menton
Du 25 juillet au 7 août 2026
Parvis de la basilique Saint-Michel-Archange, Palais de l’Europe et différents lieux de Menton.
Programmation et billetterie officielles
Visuel : Photo officielle : Ville de Menton.