À Saint-Paul-de-Vence, les remparts ont longtemps encadré les paysages, les ateliers et les promenades. Ils encadreront aussi le rire. Du 3 au 5 septembre 2026, la place de la Courtine accueillera la deuxième édition des Remp’Arts du Rire, un festival qui associe stand-up, théâtre, restauration et esprit de cabaret.
Le projet est porté par Julien Nacache et Louis-Aubry Longeray, fondateurs de la compagnie Les Collectionneurs, en collaboration avec Michel Boujenah. Ce trio de regards permet au festival de tenir ensemble plusieurs ambitions : accompagner de nouvelles voix, inviter des artistes déjà identifiés et ne pas réduire l’humour à une succession rapide de passages.
Deux plateaux pour observer une génération
Le jeudi 3 septembre, après la cérémonie d’ouverture, le premier plateau réunira Eliott Doyle, Youness Hanifi, Cécile Marx et Mado. Le lendemain, Adel Fugazi, Gabrielle Giraud, Basile et Urbain prendront la suite.
Le format collectif est particulièrement intéressant. Un festival peut ainsi présenter plusieurs écritures en une soirée et permettre au public de comparer les rythmes, les personnages, les niveaux d’ironie et les façons d’utiliser l’intime. Le stand-up n’est plus un bloc uniforme : il redevient une multitude de voix.
Pour les artistes, la présence dans un village marqué par l’histoire de l’art et du spectacle constitue également un déplacement. Ils ne jouent pas dans l’anonymat d’un comedy club, mais devant un public réuni dans un lieu ouvert, où chaque silence et chaque réaction circulent différemment.
Notre humble avis, le théâtre pour dernière soirée
Le samedi 5 septembre, le festival changera de forme avec Notre humble avis, une comédie radiophonique écrite, interprétée et mise en scène par Igor Mendjisky avec la compagnie Moya Krysa.
Ce choix est essentiel pour l’identité des Remp’Arts. Il rappelle que l’humour ne se résume pas au micro et au seul-en-scène. Il peut passer par la construction d’une pièce, le travail d’ensemble, la fiction sonore et une dramaturgie plus longue. En terminant par le théâtre, le festival affirme clairement son appartenance aux arts vivants.
Un cabaret contemporain au pied du village
Chaque soir, le lieu ouvrira dès 18 h 30 avec boissons et restauration, avant les spectacles à 20 h 30 puis un DJ set à partir de 22 h. Cette organisation ne constitue pas un simple service ajouté à la billetterie. Elle fabrique une temporalité.
Le public peut arriver, s’installer, parler, voir la place se transformer, puis prolonger la soirée après les représentations. Le festival retrouve ainsi quelque chose du cabaret : une scène qui ne se sépare pas entièrement de la vie sociale qui l’entoure.
À Saint-Paul-de-Vence, cette dimension a du sens. Le village est habitué aux grands noms, aux galeries et aux récits patrimoniaux. Les Remp’Arts du Rire introduisent une énergie différente, plus immédiate, tout en conservant l’élégance du lieu.
Faire naître un rendez-vous durable
Une deuxième édition est toujours un moment décisif. La première peut être portée par la nouveauté ; la suivante doit commencer à prouver qu’un événement possède une identité et un avenir. Julien Nacache et Louis-Aubry Longeray connaissent ce territoire de l’intérieur. Leur défi consiste désormais à transformer une intuition locale en rendez-vous reconnu.
La collaboration avec Michel Boujenah crée un pont naturel avec l’expérience du Festival de Ramatuelle, mais les Remp’Arts doivent trouver leur propre voix. Leur singularité réside peut-être déjà dans ce mélange : jeunes humoristes, théâtre, place de village, proximité et désir de faire du rire un art d’hospitalité.
En septembre, lorsque la haute saison commencera à ralentir, la Courtine retrouvera donc une foule et une scène. Une manière très juste de rappeler que la culture azuréenne ne s’arrête pas avec le mois d’août.
Informations pratiques
Les Remp’Arts du Rire – 2e édition
Du 3 au 5 septembre 2026
Place de la Courtine, Saint-Paul-de-Vence.
Ouverture du site dès 18 h 30, spectacles à 20 h 30, DJ set à partir de 22 h.
Programme et billetterie officiels
Visuel : Extrait du magazine officiel de Saint-Paul-de-Vence – photos Gaëlle Simon.