Le 24 juillet, le Nice Jazz Fest 2026 a poursuivi sa course sur deux scènes où le jazz caribéen, la soul, l’afrobeat, l’électro et le hip-hop ont circulé sans cloison. De Mario Canonge à Busta Rhymes, la deuxième soirée a été réjouissante, généreuse et résolument dansante.
Deux scènes, six propositions et un public en mouvement
Place Masséna comme au Théâtre de Verdure, la soirée a immédiatement trouvé son rythme. Le public passait d’un univers à l’autre, avec la sensation que les deux scènes se répondaient réellement : d’un côté les voix et les formes urbaines, de l’autre une histoire du groove qui reliait les Antilles, Londres et la scène funk britannique.
Mario Canonge, Michel Alibo et Arnaud Dolmen : le feu antillais
Au Théâtre de Verdure, Mario Canonge a ouvert la soirée avec Michel Alibo et Arnaud Dolmen. Le trio a placé le jazz antillais au centre du jeu : un piano volcanique, une basse profonde et une batterie d’une grande précision. Leur musique ne sépare jamais la virtuosité du mouvement ; elle pense, respire et danse dans le même geste.
Nubiyan Twist a ensuite élargi le paysage avec son mélange d’afro-jazz, de soul et de rythmes venus des scènes londoniennes. Puis Cymande, groupe culte de la diaspora caribéenne britannique, a rappelé combien son funk souple et collectif continue de traverser les générations. Au Théâtre de Verdure, la danse n’a pratiquement jamais quitté le public.
Durand Bernarr et Noga Erez font bouger Masséna
Durand Bernarr, déjà passé par le festival comme choriste d’Erykah Badu, est revenu au premier plan avec une présence vocale et scénique très personnelle. Sa soul libre, théâtrale et joueuse a installé une proximité immédiate. Noga Erez a pris la suite avec une proposition plus anguleuse, entre électro, hip-hop et tension pop, transformant Masséna en vaste terrain rythmique.
Busta Rhymes, entre concert et parole
Pour sa première apparition à Nice, Busta Rhymes s’est présenté dans une formule à trois. Le rappeur a souvent choisi le registre du preacher et de l’orateur, prenant longuement la parole entre les séquences musicales. Il a répété sa reconnaissance d’être accueilli dans un festival aussi historique et presque son étonnement de vivre cette première niçoise après une carrière aussi longue.
La performance a donc moins ressemblé à un concert classique qu’à une rencontre avec une figure majeure du hip-hop américain. Lorsque la musique reprenait pleinement ses droits, son flow et son autorité scénique restaient immédiatement reconnaissables.
Cette deuxième soirée a surtout confirmé la force du format 2026 : deux scènes complémentaires, six identités très différentes et un Jardin Albert-Ier qui n’a cessé de danser.