Une saison d’opéra raconte toujours davantage que les œuvres qu’elle programme. Elle dessine une vision de la voix, du théâtre musical et du rapport entre une institution patrimoniale et le monde contemporain. Sous la direction de Cecilia Bartoli, l’Opéra de Monte-Carlo poursuit en 2026-2027 une ligne fondée sur la curiosité, le prestige des interprètes et la circulation entre les répertoires.
La saison s’ouvrira en novembre avec le ténor Jonathan Tetelman, avant de faire entendre Porgy and Bess de Gershwin puis Carmen de Bizet. Dès les premières semaines, le programme passe ainsi de l’Amérique du XXe siècle à l’un des mythes les plus universels de l’opéra français.
Porgy and Bess, l’espoir au cœur de la tragédie
Porgy and Bess demeure une œuvre aussi célèbre que complexe. Gershwin y rassemble opéra, spirituals, jazz et traditions populaires américaines. Derrière les mélodies devenues familières, l’œuvre montre une communauté confrontée à la pauvreté, à la violence et au désir d’un avenir possible.
La présenter à Monte-Carlo rappelle que l’opéra ne se limite pas au grand répertoire européen du XIXe siècle. Il peut accueillir des histoires et des langages nés d’autres expériences, tout en interrogeant le regard porté par une époque sur les personnages qu’elle représente.
Carmen, une liberté qui ne cesse de déranger
Carmen occupe une place centrale dans l’imaginaire lyrique. Son succès mondial a parfois fait oublier la puissance subversive de son héroïne. Carmen ne demande pas l’autorisation d’être libre et refuse jusqu’au bout le rôle que les autres voudraient lui imposer.
Cette indépendance résonne avec l’un des grands fils de la saison annoncé par l’Opéra. L’œuvre de Bizet permet de confronter la beauté immédiatement séduisante de sa musique à une histoire de possession, de violence et de refus.
Du patrimoine à la fête
La programmation poursuivra son voyage à travers des œuvres très différentes, de Rigoletto à Wagner, de Monteverdi à l’opérette. La Vie parisienne d’Offenbach apportera notamment aux fêtes une énergie théâtrale faite de mouvement, de satire et de plaisir collectif.
Ce mélange est l’une des forces de l’Opéra de Monte-Carlo. Le prestige du lieu n’interdit ni l’humour ni la légèreté. Au contraire, l’opérette rappelle que l’art lyrique a toujours su regarder la société en la faisant danser.
Cecilia Bartoli, une direction incarnée
Depuis son arrivée, Cecilia Bartoli imprime à l’institution une présence très personnelle. Artiste, chercheuse de répertoires et directrice, elle connaît de l’intérieur les exigences de la scène. Son travail a souvent consisté à remettre en lumière des œuvres ou des partitions négligées, tout en les confiant à des interprètes capables de les rendre immédiatement vivantes.
À Monte-Carlo, cette approche rencontre une maison chargée d’histoire, associée aux Ballets russes, aux créations et aux grandes voix. Le défi consiste à préserver ce patrimoine sans transformer l’opéra en vitrine du passé.
Une scène ouverte au-delà de la Principauté
La saison attire naturellement un public international, mais elle appartient aussi au paysage culturel azuréen. Pour les spectateurs de Nice, Menton, Antibes ou Sanremo, Monte-Carlo constitue une grande scène de proximité. Elle contribue à faire de la Riviera un territoire où l’on peut entendre, à quelques kilomètres, plusieurs traditions lyriques et orchestrales.
La saison 2026-2027 promet donc plus qu’une succession de soirées de gala. Elle propose un parcours entre les langues, les époques et les formes du théâtre musical. Une invitation à entendre les œuvres connues autrement et à considérer l’opéra comme un art encore capable de raconter nos libertés, nos désirs et nos contradictions.
Informations pratiques
Saison 2026-2027 de l’Opéra de Monte-Carlo
Salle Garnier et Grimaldi Forum, Principauté de Monaco.
Programme et billetterie officiels
Visuel : Visuel officiel : Opéra de Monte-Carlo.