Sur la Promenade des Anglais, la plage est devenue une scène à ciel ouvert. Après Baxter Dury, Dabeull, Acid Arab, Wet Leg ou Myd, le Festival Plage Amour poursuit sa saison 2026 avec Feu! Chatterton, Polo & Pan, Honey Dijon, Breakbot, Sébastien Tellier et Kavinsky. Une programmation qui prolonge l’été niçois jusqu’au mois de septembre, entre pop, rock, disco et cultures électroniques.
À Nice, certaines soirées commencent avant même que la musique ne se fasse entendre. Il y a d’abord la lumière qui descend sur la baie des Anges, les galets encore chauds, la mer en arrière-plan et le mouvement continu de la Promenade. Puis les platines s’installent, les instruments apparaissent et la plage change progressivement de fonction.
Elle n’est plus seulement un lieu où l’on vient déjeuner, boire un verre ou regarder le soleil disparaître derrière l’horizon. Elle devient une scène.
C’est tout l’esprit du Festival Plage Amour, qui rythme l’été 2026 au 47, promenade des Anglais. La programmation officielle réunit onze rendez-vous entre le 26 juin et le 11 septembre, construits autour d’une idée simple : faire dialoguer des artistes reconnus, des figures des clubs et plusieurs générations de musique populaire dans un décor immédiatement identifiable.
La première partie de saison a déjà donné le ton. Baxter Dury et Dabeull ont ouvert le festival le 26 juin, avant Acid Arab, Marcel Dettmann et Sam Quealy, le groupe britannique Wet Leg, puis Myd, Olive F et Dan Shake. Cinq soirées qui résument bien l’identité du lieu : aucune frontière rigide entre concert et DJ set, entre scène indépendante et culture électronique, entre écoute et fête.
À partir du 30 juillet, une nouvelle séquence commence. Elle mènera le public jusqu’à Kavinsky, attendu le 11 septembre pour refermer une saison qui aura accompagné presque tout l’été niçois.
Une plage devenue rendez-vous musical
La Plage Amour possède une esthétique immédiatement reconnaissable : parasols rayés, mobilier aux couleurs pastel, vaisselle simple, mer à quelques mètres et atmosphère volontairement décontractée. Mais le soir, cette identité visuelle laisse progressivement la place à une autre expérience.
La scène est installée face à la Méditerranée. Les artistes jouent alors que le jour n’est pas encore tout à fait tombé, puis la baie devient noire derrière eux. Ce passage de la lumière naturelle aux éclairages du concert donne aux soirées une temporalité particulière. Le public ne pénètre pas brutalement dans une salle obscure : il voit le paysage se transformer en même temps que la musique prend possession du lieu.
Le festival repose aussi sur une programmation suffisamment ouverte pour attirer des publics différents sans perdre sa cohérence. La pop britannique peut y précéder une soirée house. Un groupe de chanson française peut côtoyer une icône du disco contemporain. Un producteur associé à l’imaginaire nocturne du cinéma peut clôturer la saison après un auteur-compositeur au goût prononcé pour les orchestrations et les personnages.
Ce mélange ne relève pas d’un simple éclectisme. Il raconte plutôt une certaine manière de vivre la musique aujourd’hui : par affinités, par atmosphères et par circulations, davantage que par catégories.
Feu! Chatterton, la chanson française face à la mer
Le 30 juillet, Feu! Chatterton ouvrira la seconde partie de la saison. Le groupe possède une relation très particulière aux mots, aux constructions dramatiques et à la montée progressive de l’intensité. Sa musique puise autant dans la chanson française que dans le rock, les claviers analogiques et une forme de lyrisme contemporain.
Dans le cadre très ouvert de la Plage Amour, ses chansons devraient prendre une autre dimension. La voix d’Arthur Teboul, les longues progressions instrumentales et les tensions électriques du groupe rencontreront un paysage qui pourrait presque devenir un élément supplémentaire de la mise en scène.
La soirée rappellera aussi que le festival ne se limite pas à la culture des clubs. Il sait accueillir de véritables concerts, avec une écriture, un répertoire et une présence scénique construite pour l’écoute autant que pour le mouvement collectif.
Polo & Pan, l’élégance électronique
Deux jours plus tard, le 1er août, Polo & Pan retrouvera un environnement qui semble avoir été imaginé pour sa musique. Le duo français développe depuis ses débuts une électronique mélodique, colorée et voyageuse, traversée par la chanson, le disco, les rythmes tropicaux et un goût assumé pour les images.
Leur univers fonctionne autant par le son que par l’atmosphère. À la Plage Amour, cette musique hédoniste ne sera pas déplacée dans un décor de vacances : elle retrouvera au contraire l’un de ses paysages naturels, entre ciel ouvert, horizon marin et chaleur nocturne.
Honey Dijon, une culture du club qui dépasse la fête
Le 8 août, la présence de Honey Dijon donnera à la saison l’une de ses soirées les plus attendues. DJ, productrice et figure internationale de la house, elle porte une culture musicale profondément liée à Chicago, New York, aux communautés qui ont façonné les clubs et à la dimension politique de la piste de danse.
Sa manière de jouer ne consiste pas simplement à enchaîner des morceaux efficaces. Elle construit des récits, travaille les héritages du disco et de la house, fait circuler les voix et les rythmes, et rappelle que la fête peut aussi être un espace de liberté et d’affirmation.
Elle partagera l’affiche avec Anastazja et Inès Rau. La soirée devrait ainsi associer puissance musicale, culture mode et identité contemporaine du club, dans un format qui correspond parfaitement à l’esprit du Festival Plage Amour.
Jayda G, Breakbot et Irfane : le disco sous plusieurs formes
Le 14 août, la plage réunira Jayda G, Breakbot et Irfane. Cette affiche place le groove au centre, mais en montre plusieurs visages.
Jayda G possède une manière très directe de faire vivre la house et le disco, avec une énergie généreuse qui conserve toujours une forte dimension mélodique. Breakbot et Irfane ont, de leur côté, construit un son immédiatement reconnaissable : basses souples, rythmiques précises, héritage funk et élégance pop.
La proximité du public, l’absence de distance avec la scène et la lumière du bord de mer devraient transformer cette rencontre en l’un des grands moments dansants de la saison.
Sébastien Tellier, le romanesque au coucher du soleil
Avec Sébastien Tellier, le 23 août, l’atmosphère devrait changer sans rompre le fil de la programmation. Auteur, compositeur et interprète, il a construit au fil des années une œuvre qui mêle chanson, électronique, sensualité, humour et mise en scène de soi.
Ses concerts ne sont jamais tout à fait de simples récitals. Ils prolongent un personnage, un imaginaire et une manière de brouiller la frontière entre sincérité et représentation. Dans le décor de la baie des Anges, ses mélodies et ses claviers devraient trouver un cadre particulièrement cinématographique.
Kavinsky pour prolonger la nuit jusqu’en septembre
La saison s’achèvera le 11 septembre avec Kavinsky. Le choix semble presque symbolique. Son univers nocturne, nourri de synthétiseurs, de lignes de basse massives, de références automobiles et d’imaginaire cinématographique, accompagnera le passage entre la fin de l’été et la rentrée.
Depuis le succès mondial de Nightcall, sa musique est indissociable d’une certaine vision de la nuit : néons, routes, vitesse, silhouettes et villes traversées après minuit. À Nice, cette esthétique rencontrera non pas une route américaine fantasmée, mais la Promenade des Anglais et la mer noire.
Clore le Festival Plage Amour avec Kavinsky revient ainsi à conserver jusqu’au dernier soir l’identité de la saison : une programmation populaire sans être prévisible, attentive aux signatures fortes et capable de transformer un lieu de vie en véritable décor musical.
Une autre manière de raconter l’été niçois
Le Festival Plage Amour occupe une place singulière dans le paysage estival. Il n’a ni la structure ni les dimensions d’un grand festival traditionnel. Il fonctionne par rendez-vous successifs, dans un lieu qui continue d’exister en dehors des concerts.
Cette souplesse constitue précisément sa force. On peut y venir pour un artiste, pour une soirée, pour l’atmosphère ou pour ce moment particulier où la musique commence alors que la plage est encore éclairée. Le décor n’est jamais secondaire. Il appartient pleinement à l’expérience.
La saison 2026 confirme également la capacité de la Plage Amour à réunir des noms très visibles sans abandonner une identité de programmation. Rock indépendant, chanson, house, disco et électro cinématographique se succèdent, mais le fil reste le même : le goût du son, de l’allure et de la nuit méditerranéenne.
À Nice, l’été ne s’arrêtera donc pas avec le mois d’août. Il se prolongera encore un peu, jusqu’au 11 septembre, lorsque les premières notes de Kavinsky traverseront la plage et que la Promenade des Anglais deviendra, une dernière fois, une piste de danse face à la mer.
La programmation 2026
26 juin : Baxter Dury & Dabeull
5 juillet : Acid Arab
10 juillet : Marcel Dettmann & Sam Quealy
15 juillet : Wet Leg
17 juillet : Myd, Olive F & Dan Shake
30 juillet : Feu! Chatterton
1er août : Polo & Pan
8 août : Honey Dijon, Anastazja & Inès Rau
14 août : Jayda G, Breakbot & Irfane
23 août : Sébastien Tellier
11 septembre : Kavinsky
Informations pratiques
Festival Plage Amour 2026
Hôtel Amour à la Plage
47, promenade des Anglais — Nice
Concerts et DJ sets en plein air.
Horaires et disponibilités selon les soirées.
Consulter la programmation et la billetterie officielles