À Antibes, la musique sacrée ne se contente pas d’entrer dans les monuments : elle en révèle la respiration. Du 11 septembre au 4 octobre 2026, le Festival d’Art sacré célébrera sa trente-cinquième édition à la cathédrale et dans les chapelles Saint-Bernardin, Saint-Jean et de la Garoupe.
Le rendez-vous possède une identité rare sur la Côte d’Azur. Il ne sépare jamais complètement l’œuvre, l’interprète et l’architecture qui les accueille. Une cantate entendue dans une chapelle ne produit pas la même écoute que dans une grande salle. La pierre, la lumière, la proximité du public et la mémoire du lieu deviennent les partenaires silencieux du concert.
Huit concerts, plusieurs manières de vivre le sacré
L’édition s’ouvrira autour du Gloria de Vivaldi avant de faire entendre des voix italiennes et du monde, les cantates de Concerto Soave, une création mondiale du flûtiste Philippe Depetris, l’Orchestre national de Cannes dirigé par Julien Chauvin, l’ensemble Les Itinérantes et les chœurs de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris.
Le 18 septembre, Renaud Capuçon retrouvera Bach avec l’altiste Paul Zientara et le violoncelliste Krzysztof Michalski. Sa présence donnera naturellement une forte visibilité à cette édition, mais l’intérêt du programme se situe aussi dans son équilibre : grands noms, ensembles spécialisés, création et transmission s’y répondent sans réduire le festival à une succession de prestige.
La cathédrale comme instrument
La musique sacrée a été écrite pour des espaces où le son voyage, se prolonge et se transforme. À Antibes, chaque lieu impose donc une manière différente de jouer. La chapelle Saint-Bernardin favorise l’intimité. La Garoupe ouvre un rapport au paysage et à la lumière. La cathédrale donne aux voix et aux cordes une profondeur qui appartient autant à l’acoustique qu’à l’imaginaire.
Cette relation à l’architecture mérite d’être racontée. Elle explique pourquoi un festival d’art sacré ne se résume pas à un festival classique installé dans des édifices anciens. Le lieu modifie le répertoire, les artistes et la disponibilité du public.
Un anniversaire tourné vers l’avenir
Trente-cinq ans constituent une histoire, mais pas un aboutissement. Le festival doit désormais continuer à ouvrir ces répertoires à ceux qui pensent ne pas les connaître. Le concert gratuit du 12 septembre, l’exposition Un chemin de croix de Gérard Raymond-Pierre et la diversité des formats vont dans ce sens.
Le meilleur entretien à mener serait donc moins commémoratif que prospectif : comment transmettre la musique sacrée aujourd’hui ? Comment accueillir de nouveaux publics sans réduire les œuvres à un décor patrimonial ? Et comment conserver l’intimité d’un rendez-vous dont la force tient précisément à la singularité de ses lieux ?
Informations pratiques
35e Festival d’Art sacré d’Antibes
Du 11 septembre au 4 octobre 2026.
Huit concerts à la cathédrale et dans les chapelles Saint-Bernardin, Saint-Jean et de la Garoupe.
Programmation officielle