Il existe des films qui utilisent la Côte d’Azur comme un décor. La Main au collet en a fait une idée du cinéma.
En 1955, Alfred Hitchcock transforme Nice, la Riviera, les routes en corniche et les palaces en un territoire de suspense, de séduction et de faux-semblants. Cary Grant y incarne un ancien cambrioleur soupçonné de reprendre du service. Face à lui, Grace Kelly impose une élégance qui ne se contente jamais d’être décorative : son personnage observe, provoque et déplace constamment le rapport de force.
Le film revient au Port de Nice le 22 juillet 2026, en version originale sous-titrée, dans le cadre de Mon été Cinéma. La projection accompagne le 70e anniversaire du mariage de Grace Kelly et du prince Rainier III.
La Riviera comme personnage
Hitchcock comprend immédiatement que la Côte d’Azur possède deux visages. Elle offre la lumière, les jardins, la mer et le luxe, mais aussi les routes dangereuses, les villas isolées, les façades derrière lesquelles chacun peut dissimuler une autre identité.
Cette ambivalence donne au film sa tension. La beauté n’y rassure jamais complètement. Elle devient même un piège : plus le paysage semble parfait, plus le spectateur soupçonne qu’un détail lui échappe.
Nice et la Victorine au cœur du cinéma international
La Main au collet rappelle également une époque où les Studios de la Victorine appartenaient naturellement à la géographie du grand cinéma international. Les équipes pouvaient associer des plateaux techniques à une extraordinaire variété de décors réels, disponibles dans un périmètre très resserré.
Projeter aujourd’hui ce film à Nice ne relève donc pas seulement de la nostalgie. C’est rappeler que la ville a contribué concrètement à fabriquer ces images devenues universelles.
Grace Kelly, entre fiction et histoire
La projection prend une résonance particulière par sa proximité avec l’histoire monégasque. Un an après le tournage, Grace Kelly épousait le prince Rainier III. Le cinéma, la presse internationale et la Principauté se trouvaient alors réunis dans l’un des grands récits médiatiques du XXe siècle.
Soixante-dix ans plus tard, le film conserve pourtant sa liberté. Grace Kelly ne s’y réduit pas à la future princesse : elle demeure une actrice au jeu précis, ironique et moderne, capable de tenir tête à Cary Grant sans jamais perdre le contrôle de la scène.
Face au Port, la projection permettra de revoir le film au plus près de son territoire d’origine. Une manière élégante de rappeler que le patrimoine cinématographique n’est jamais aussi vivant que lorsqu’il retrouve les lieux qui l’ont fait naître.
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