À La Malmaison de Cannes, Hervé Di Rosa déploie un univers foisonnant nourri de voyages, de cultures populaires et de techniques rencontrées autour du monde. Une exposition généreuse qui transforme la Croisette en point de départ d’un voyage sans hiérarchie entre les arts.
Chez Hervé Di Rosa, les images ne restent jamais sages. Elles débordent, grimacent, rient, se multiplient et occupent tout l’espace. Ses personnages semblent venir de la bande dessinée, de l’enseigne peinte, du carnaval, d’un atelier d’artisan ou d’un rêve très coloré.
Mirages du monde rassemble cette énergie à La Malmaison, récemment rénovée. Le titre dit bien le mouvement d’une œuvre qui refuse de se fixer dans un style unique et préfère se laisser transformer par les rencontres.
Un artiste voyageur, mais pas collectionneur d’exotisme
Depuis les années 1990, Hervé Di Rosa mène un vaste projet autour des arts modestes. Il voyage, travaille avec des artisans et découvre des techniques locales. Ghana, Mexique, Vietnam, Afrique du Sud, Tunisie ou États-Unis : chaque étape devient l’occasion d’apprendre un savoir-faire.
La démarche pourrait facilement tomber dans l’accumulation décorative. Di Rosa cherche au contraire le dialogue. Il ne prélève pas simplement des motifs pour les rapporter dans son atelier. Il accepte que la matière, les outils et les gestes des autres modifient son propre dessin.
La peinture comme langue populaire
Associé à la Figuration libre au début des années 1980, l’artiste a toujours défendu des images accessibles, narratives et parfois irrévérencieuses. Il ne sépare pas la peinture dite savante de la bande dessinée, de la publicité, du graffiti ou de l’objet artisanal.
Cette absence de hiérarchie donne au parcours son énergie. Une œuvre peut être techniquement complexe tout en gardant l’évidence d’une image que l’on comprend immédiatement. L’humour ouvre la porte, puis le regard découvre une réflexion plus profonde sur la circulation des formes et des cultures.
Des personnages qui reviennent comme une troupe
L’univers de Di Rosa est habité par une population reconnaissable : figures aux yeux écarquillés, corps élastiques, monstres familiers et silhouettes en mouvement. Ces personnages reviennent d’une série à l’autre comme les membres d’une troupe de théâtre.
Ils changent de matière, de format et de décor, mais conservent leur vitalité. Leur présence crée un fil conducteur à travers la diversité des techniques. Le visiteur ne se perd pas dans un catalogue de voyages : il suit une mythologie personnelle qui se réinvente au contact du monde.
La Malmaison, un écrin au cœur de la Croisette
Le retour de grandes expositions à La Malmaison renforce la dimension culturelle de la Croisette. Dans ce lieu à taille humaine, les œuvres peuvent être regardées de près, sans perdre leur puissance spectaculaire.
Le contraste entre l’élégance du bâtiment, la lumière cannoise et l’exubérance de Di Rosa fonctionne particulièrement bien. Les couleurs semblent répondre à la ville, mais l’exposition échappe au simple décor estival : elle demande du temps et de la curiosité.
Le monde sans centre unique
Au fond, Mirages du monde défend une idée très contemporaine : l’art ne possède pas un centre d’où partiraient toutes les innovations. Les techniques, les inventions et les récits circulent dans plusieurs directions. Un artisan peut apprendre à un peintre reconnu une autre façon de penser la matière.
Cette conviction donne à l’exposition sa générosité. Di Rosa ne voyage pas pour confirmer son style, mais pour le mettre en danger. Il accepte de ne pas tout maîtriser, de partager la fabrication et de laisser entrer l’inattendu.
À Cannes, le résultat est une fête visuelle, mais une fête qui a du fond. Derrière les couleurs et les créatures se dessine une manière ouverte, joyeuse et profondément humaine d’habiter le monde.
Informations pratiques
La Malmaison
47, boulevard de la Croisette, 06400 Cannes
Du 17/07/2026 au 08/11/2026
Juillet-août : tous les jours de 10 h à 19 h. À partir de septembre : du mardi au dimanche, 10 h-13 h et 14 h-18 h.
6,50 € plein tarif, 3,50 € tarif réduit, gratuités selon conditions.
Consulter le site officiel de l’exposition
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Questions pratiques
Où voir Hervé Di Rosa à Cannes ?
À La Malmaison, sur la Croisette.
Que signifie Mirages du monde ?
Le titre renvoie aux voyages de l’artiste et aux techniques qu’il a explorées avec des artisans dans différents pays.
Jusqu’à quand l’exposition est-elle ouverte ?
Elle est annoncée jusqu’au 8 novembre 2026.