Hervé Di Rosa n’a jamais accepté l’idée selon laquelle certaines images seraient nobles et d’autres trop populaires pour entrer au musée.
Avec Mirages du monde, présentée jusqu’au 8 novembre 2026 au centre d’art contemporain La Malmaison, Cannes consacre une exposition à plus de quarante années de création. Peinture, sculpture, dessin, céramique et tapisserie composent un parcours en trois chapitres, depuis les années 1980 jusqu’aux œuvres les plus récentes.
La liberté d’une génération
Hervé Di Rosa s’impose au début des années 1980 comme l’un des fondateurs de la Figuration Libre, aux côtés notamment de Robert Combas, Rémi Blanchard et François Boisrond. Le mouvement réintroduit la narration, la couleur et la culture populaire dans un paysage artistique qui les avait en partie tenues à distance.
Chez Di Rosa, la bande dessinée, le graffiti, les jouets, les images publicitaires et les arts dits modestes ne sont jamais de simples citations. Ils forment une langue personnelle, peuplée de personnages, de signes et de récits en expansion.
Le voyage comme méthode
L’exposition met également en valeur les cycles nés de ses voyages. L’artiste ne cherche pas seulement à représenter le monde. Il travaille avec des artisans, découvre des techniques locales et accepte que son univers soit transformé par d’autres gestes.
Cette démarche pose une question essentielle : comment rencontrer une culture sans la réduire à une réserve de formes exotiques ? Le travail de Di Rosa avance par collaboration, déplacement et contamination réciproque. Ses personnages voyagent, mais ils ne reviennent jamais tout à fait identiques.
Une exposition pour regarder autrement les cultures visuelles
À La Malmaison, le parcours permet de mesurer la cohérence d’une œuvre longtemps perçue à travers son énergie immédiate. Sous la couleur et l’humour apparaissent une réflexion sur la circulation des images, la hiérarchie des goûts et la place des savoir-faire.
La présence de la céramique, de la tapisserie et de la sculpture est particulièrement importante. Elle rappelle que la peinture n’est qu’un territoire parmi d’autres et que l’artiste s’intéresse autant à la main qui fabrique qu’à l’image produite.
Installée sur la Croisette, Mirages du monde offre ainsi un contraste stimulant. Dans une ville associée à la fabrication des icônes, Hervé Di Rosa montre que les images les plus libres naissent souvent de ce qui avait été considéré comme mineur, marginal ou trop populaire.
Informations pratiques
Mirages du monde — les peintures d’Hervé Di Rosa
Jusqu’au 8 novembre 2026
Centre d’art contemporain La Malmaison, Cannes